Les bâtiments conventuels de l'ancienne abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, reconstruits
par les moines mauristes à partir de la fin du XVIIe siècle, conservent de nombreux
châssis de fenêtres correspondant à plusieurs campagnes de travaux et à des remaniements
profonds de leur distribution. Seul un modèle à panneaux de vitres a été retenu pour
cette étude, sa contemporanéité avec la première campagne de réédification des bâtiments
ne faisant guère de doute. Il est conservé, quoique modifié, dans plusieurs fenêtres
du second niveau des ailes ouest et sud. Afin d'en retrouver les dispositions d'origine,
il a été étudié à partir de trois croisées. La première (croisée A), adaptée pour
y insérer des vantaux vitrés dans les compartiments supérieurs, a permis d'établir
un relevé très proche des caractéristiques originelles du modèle, tandis que les
deux autres (croisées B et C) sont venues le compléter pour en restituer la partie
haute et les panneaux de vitres. Ces croisées sont des ouvrages fonctionnels et n'affichent
aucune décoration particulière, hormis leur mouluration extérieure. Dans leur conception
générale, elles reconduisent des procédés quelque peu dépassés comme la division
en compartiments par un meneau et un croisillon ou l'utilisation d'une vitrerie mise
en plomb. Pourtant, en amorçant la future traverse d'imposte caractéristique des
croisées du XVIIIe siècle, le profil de leur croisillon les inscrit assurément dans
la modernité. De même, les vantaux encastrés, la double feuillure du dormant, les
battants de rive à noix ou les jets d'eau massifs montrent une attention particulière
aux problèmes d'étanchéité encore peu commune pour l'époque.