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L'Hôtel de Limur
n'a conservé qu'une seule de ses croisées primitives. Située sur la façade
antérieure, au dernier niveau de la lucarne centrale, et fabriquée durant le
dernier quart du XVIIe siècle, elle abandonne le système classique d'étanchéité
par recouvrement des châssis pour adopter une conception novatrice qui verra
son épanouissement au XVIIIe siècle. Elle présente bien des similitudes avec
les croisées parisiennes décrites par Pierre Bullet, en 1691.
Aussi comparerons-nous, point par point, les préconisations de l'auteur et les
vestiges de cette croisée. Ce manuel, pour la première fois, nous donne des
indications précises sur la fabrication des châssis de fenêtres. Bien
évidemment, il est difficile de mesurer l'influence de celui-ci au cas par cas.
Toutefois, à partir d'un constat, il élabore quelques règles qui préfigurent la
tendance à une « normalisation » de la fabrication des croisées,
laquelle s'imposera à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Les
caractéristiques de la croisée de l'Hôtel de Limur ont été altérées par ses
remaniements successifs. Seuls ses compartiments du haut ont conservé en
totalité leurs dispositions d'origine, ceux du bas ayant été fortement modifiés :
volets et serrurerie éliminés, pièce d'appui disparue, vantaux vitrés et meneau
inférieur changés. Malgré tout, la conservation des montants du bâti dormant et
les éléments de serrurerie retrouvés sur place m'ont permis d'en proposer
une restitution fiable.
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